Ingeborg BACHMANN

Allemand

Ein Toter bin ich der Wandelt
Gemeldet nirgends mehr
Unbekannt im Reich des Präfekten
Überzählig in den goldenen Städten
Und im grünenden Land
Abgetan lange schon
Und mit nichts bedacht

Nur mit Wind mit Zeit und mit Klang

Der ich unter Menschen nicht leben kann

Ich mit der deutschen Sprache
Dieser Wolke um mich
Die ich halte als Haus
Treibe durch alle Sprachen

O wie sie sich verfinstert
Die dunklen die Regentöne
Nur die wenigen fallen

In hellere Zonen trägt dann sie den Toten hinauf

Français

Je suis un mort ambulant
Porté présent nulle part
Inconnu au royaume des préfets
En surnombre dans les villes dorées
Et les campagnes verdissantes

Relégué depuis longtemps
Et doté de rien

Que de vent de temps de son

Moi qui parmi les hommes ne peut vivre

Moi avec la langue allemande
Cette nuée autour de moi
Que je tiens pour maison
Parcours toutes les langues

O comme elle s’obscurcit
Les notes de pluies les sombres
Rares celles qui tombent

En haut en des zones plus claires elle porte ensuite le mort

Publié dans la revue Botteghe Oscure, Roma, Quaderno XIX, Spring 1957, p. 447. Repris dans Werke, I, p. 153.

Traduction Françoise Rétif

Exil, Création Philosophique et Politique
Repenser l'Exil dans la Citoyenneté Contemporaine

Programme du Collège International de Philosophie (CIPh), Paris
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