EXIL ET NOMADISME PROLÉTARIEN (extrait)

Toni NEGRI, philosophe italien

L’exil et le nomadisme prolétarien sont deux choses profondément différentes. (…).

Aujourd’hui, la thématique de l’exil se confond, au contraire, avec celles du nomadisme et du métissage: il s’agit de prendre au sérieux tout à la fois la présence du prolétariat sur le marché mondial de la force de travail, et le fait qu’elle se confond avec le métissage des savoirs et par conséquent avec cette flexibilité qui augmente à travail le travail matériel-immatériel, avec cette nouvelle forme d’action et de coopération dans le travail.

Je dirais par conséquent que notre exil a été le paradigme littéraire de phénomènes réels. Mais aussi que chacun d’entre nous est passé par le chantier, par le café, par le travail dans les lieux les plus étranges, avant d’arriver à la reconquête d’une position intellectuelle plus ou moins forte, à la possibilité d’une circulation dans les nouveaux bassins de la force de travail immatériel.

Extrait, in Exil, Paris, éd. Mille et une Nuits, 1998, p. 46-47.

Exil, Création Philosophique et Politique
Repenser l'Exil dans la Citoyenneté Contemporaine

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