LA NOUVELLE UNIVERSALITÉ DE L’EXIL

Rada IVEKOVIC, philosophe, indianiste, réseau de recherche TERRA et Transeuropeennes, France

Je me propose de parler de l’exil et des migrations, de la nouvelle universalité de l’exil. En bref, ce qui m’intéresse c’est de réfléchir au fait que la figure du migrant exilé est la figure de l’humain aujourd’hui (et en un sens toujours dans l’histoire). L’autre point important qui m’intéresse est de séparer le concept de citoyen de l’Etat et de la nation, et de le mettre plutôt en lien dans avec la question du partage de la condition mondialisée de la migration, de l’exil pour construire du commun: qu’est-ce signifie aujourd’hui devenir autre, aller vers l’autre dans la condition de la migration, de l’exil? Qu’est-ce qui devient commun dans l’expérience? Je m’expliquerai plus longuement sur cela dans une contribution future.

Marie-Claire Caloz-Tschopp m’avait demandé de parler de l’exil et j’ai réfléchi à la question à partir de mes questionnements en cours. Je voudrais donc parler de ce que j’appelle la nouvelle universalité des migrations. Les migrantes et les migrants sont devenus une figure emblématique de notre temps. Je voudrais également envisager en quoi la nouvelle universalité de l’exil implique la configuration d’une nouvelle constitutionnalité et de nouveaux modes d’institutionnalisation. Marie-Claire avait justement parlé de constitutionnalité. Je m’intéresse à une nouvelle forme de constitutionnalisation, et aussi d’institutionnalisation qui vient avec et par les migrations. Marie-Claire m’a aussi invitée parce que je serais censée parler de ma propre expérience puisque je suis quelqu’un qui est né quelque-part, comme tout le monde, et que ce quelque part est un autre lieu de l’endroit où je vis maintenant depuis vingt ans. Je suis partie à cause d’une guerre, la guerre en ancienne Yougoslavie –1, je vis en France et je voyage beaucoup, notamment en Asie, en Inde. A titre personnel, l’exil n’est pas pour moi simplement la figure du regret et de la perte telle qu’on le décrit souvent. Il n’y a pas de déterminisme de l’exil. Je pense que dans la perte on peut se reconstruire et que ce que l’on appelle l’exil est aussi une chance –2. Ou c’est pour le moins une figure double: une perte et un gain. L’exil est une perte et aussi la chance d’un gain, d’une nouvelle vie, d’un nouvel imaginaire. En ce sens, on peut parler de la chance de la migration. Pour survivre, il est recommandé de prendre le manque survenu par son côté positif. Mais ne pas oublier le sens premier de l’exil: c’est une condamnation, une punition.

L’exil, dans sa forme appelée aujourd’hui “migration”, est devenue la principale manière d’être, de vivre des humains dans le monde. C’est la figure de l’humain désormais –3.

L’exil a une longue tradition. En Grèce ancienne les autorités envoyaient en exil les philosophes ou les poètes turbulents, à Rome aussi. C’est un peu partout le cas. On parle beaucoup de l’exil et toute une littérature dans de nombreuses langues en est issue –4. Bien sûr il y a des registres très différents, le concept est riche, je suis loin de le rejeter – mais il y a en effet dans la figure dominante de l’exil une très forte connotation de perte, de nostalgie. Je dois dire que je ne méprise pas non plus la nostalgie, car c’est une situation qui nous construit ; on entre avec notre histoire dans le présent et on la porte vers l’avenir. Il y a aussi une certaine mélancolie que je ne dédaigne pas non plus. Je me suis aperçue – parce qu’on m’a souvent identifiée comme exilée – que la perte, la nostalgie, la mélancolie, je les aurais sans doute vécues même sans m’être déplacée, puisque ce sont des sentiments qui sont liés au temps qui passe. On pense à sa jeunesse, à son enfance, là où on a vécu, à la maison des grands-parents qui n’existe plus, à la famille qui est partie, aux parents que l’on a perdus. Il n’est pas possible de revenir à son enfance. L’exil c’est un peu cela, la pensée de notre enfance et de notre jeunesse. On est toujours exilé, banni du “pays” de son enfance. Pour le “véritable” exil après, est-ce-que l’on peut faire la part des choses pour dire avec certitude quelle part de la nostalgie est due à la perte de l’enfance et des parents, et quelle autre au fait de se trouver dépaysé par d’autres circonstances de la vie? Sûrement pas. Je suis pour ma part arrivée en « exil » à l’âge de 45 ans. J’étais déjà construite. Un exil peut en chasser un autre, un exil peut en cacher un autre: l’exil géographique, celui du dépaysement, peut apaiser, guérir, combler la douleur de l’exil temporel, celui du paradis perdu de l’enfance, comme il peut l’aggraver. Pour ma part, je me suis dite que l’exil pouvait être une chance. C’est une chance dans la mesure où l’exil est aussi migration. Et le terme de «migration» est devenu plus important aujourd’hui, plus utilisé en tout cas en politique, avec des significations très diverses et très riches comme d’ailleurs celui «d’exil».

Depuis 1989, les migrations caractérisent de manière beaucoup plus significative et vaste l’humanité dans son ensemble. L’exil n’est plus un simple destin individuel, il est devenu un phénomène de masse. C’est la condition de millions d’individus. Avant, on pouvait dire que la migration c’était en général des individus qui s’additionnaient. Mais les migrations aujourd’hui, ce sont des populations entières qui se déplacent. Les migrations ont pris une envergure extrêmement importante pour l’ensemble de la planète. Il y a beaucoup de migrations dans tous les lieux de la planète et, on l’oublie souvent, des migrations vers les pays avoisinants en très grandes quantités surtout dans le Tiers monde. Vers les pays proches dans les pays pauvres, dans les pays du sud du globe, les migrations sont beaucoup plus importantes que celles vers l’Europe, le nord et l’occident qui font si peur à certains en Europe et dans d’autres pays nantis. Les migrations de notre temps sont complexes et elles sont dues à des causes très diverses mais qui font un tout dans la mondialisation. Il y a les migrations pour cause de violence et de guerre, il y a les migrations pour cause de régime politique insupportable. Les unes et les autres peuvent être à la recherche d’une citoyenneté, mais pas seulement, jamais seulement cela. Il y a les migrations économiques, écologiques etc. La Convention de l’ONU sur les réfugiés de 1951 s’évertuait – c’était du temps de la Guerre froide – à trouver, définir et fixer la distinction entre migration économique et migration politique –5. Aujourd’hui nous savons qu’il n’y a pas de distinguo possible entre les deux formes de migration. Il a même toujours été très difficile de faire la part des choses entre les deux. Et puis les causes des migrations sont devenues beaucoup plus complexes et diverses.

Il y a une forme de migration que j’aimerais mettre en relief parce qu’elle m’apparaît importante, c’est la migration vers la métamorphose, la reconstruction de soi et de son groupe, de son « identité| », c’est-à-dire le désir de renaissance, le désir de devenir un(e) autre. On croit trop souvent que les migrants partent nécessairement à la quête d’une citoyenneté précise, d’un pays ciblé. Ils sont souvent très éloignés de leurs intentions de départ au sens strict, car ils partent vers ce qu’ils voient comme une “vie plus décente” tout simplement, idéalement caractérisée par le social beaucoup plus que par le politique. En général, ceux qui réussissent à arriver en Europe –6 n’ont même pas de pays de prédilection: ubi bene ibi patria. Ils se construisent en route et en commun dans la détresse de l’insécurité, de l’invisibilité, de l’inexistence administrative, une espèce de maturité politique déracinée et atopique, transnationale, des revendications citoyennes, une subjectivité hors norme qu’aucun Etat ne saurait leur proposer ni contenir. Une citoyenneté, une responsabilité sans Etat. Ils rendent visibles nos citoyens manquants, et sont eux-même en grande partie nos citoyens manquants –7. Je pense ici au désir d’alterité et à la métamorphose du devenir-sujet, du devenir-citoyen alors-même que la citoyenneté officielle est refusée aux migrants.

Le citoyen et le migrant sont aujourd’hui des figures que le regard officiel, étatique, oppose. Les migrants dérangent cette opposition.

Je vais faire une parenthèse pour dire ce qui m’aide à penser ces choses-là de la manière dont je les pense. C’est le fait d’avoir travaillé sur les philosophies d’Asie. Les philosophies d’Asie, pour aller vite,  ne sont pas du tout construites sur les mêmes principes que nos philosophies occidentales. D’une part il n’y a pas de monothéisme en Asie, d’autre part il n’y a pas à l’origine dans la plupart des grandes philosophies d’Asie (telles que le brahmanisme, le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme) – de concept de sujet. Non pas que ce soit un manque; c’est voulu, parce qu’ils n’ont jamais souhaité distinguer entre le sujet et l’objet, entre l’intérieur et l’extérieur etc. Ils n’ont donc pas non plus construit comme nous l’avons fait – et nous l’avons fait à l’aide de nos monothéismes – de souveraineté, de transcendance ultime descendante par un ordre strict d’une hiérarchie implacable. La métempsychose, les renaissances, la transmigration, font partie intégrante de la vie et ne représentent nullement une exception. La transmigration, c’est-à-dire la migration d’une forme de vie à une autre, représente l’évidence même dans l’imaginaire indien et d’une grande partie de l’Asie. Dans ces conditions, il y a des ouvertures possibles et cela peut nous donner des idées pour repenser les phénomènes qui nous intéressent aujourd’hui et qui sont ceux de savoir comment aller vers un monde – celui que Marie-Claire Caloz-Tschopp avait décrit – qui serait plus juste et plus égal pour tous. Une autre parenthèse pour dire, non pas qu’il y a des recettes toutes faites et non pas que l’Asie se soit mieux débrouillée que l’Europe au sujet de l’égalité, de la justice ou de la démocratie. Celles-ci peuvent être des idéaux mais ne sont pas des états de fait, chose que par arrogance l’occident feint d’oublier en se les attribuant. L’Asie peut nous aider à concevoir d’autres options même si nous n’adoptons pas les siennes.

Je ferme ces parenthèses et reviens à ma thématique pour dire que je vois dans la migration une tentative de traduire et de se traduire, de se transformer et de transformer. S’il s’agit de traduire, qu’est-ce que c’est que la traduction, la translation? C’est un passage de frontières. On passe au-delà de quelque chose. Salman Rushdie, l’écrivain d’origine indo-pakistanaise qui a été frappé il y a quelques années d’une fatwa pour avoir écrit Les Versets sataniques, avait auparavant commis un autre livre, La Honte –8, qui parle du Pakistan. Il y dit, au sujet de savoir ce qu’est la traduction, que c’est «to be borne across», être transportés de l’autre côté. De l’autre côté de quoi ? De cette frontière, de cette limite, de cette bordure. Mais je répète dans ce «to be borne across», en anglais avec un «e» à la fin, dans ce «borne» en anglais on entend aussi «to be born», sans «e», être né. Etre né par delà, ou bien être transporté par delà : les deux convergent dans la signification de la traduction. C’est-à-dire que l’on ne naît que si on est porté ; on est porté par quelqu’un. Voilà la translation, la traduction, voilà la migration, la transmigration. Etre né, cela veut dire être porté par quelqu’un. Tout au long de la vie on est porté par les autres. La traduction dans ce sens-là et la migration dans ce sens-là montrent immédiatement la “dette” que l’on a envers les autres. Et sans la reconnaissance de cette “dette” (le mot n’est pas bon, car il ne s’agit ni d’économie ni de morale) envers l’autre et les autres on ne pourra pas construire ce monde commun dont Marie-Claire nous parlait, et que l’on a tout intérêt à mettre en place.

Maintenant je reviens vers un texte que l’on m’a demandé tout récemment d’écrire, et qui est encore en cours de rédaction au moment où je parle. On m’avait posé des questions auxquelles il fallait répondre. Je vous lis d’abord la question posée : «Dans quelles conditions et à quelle condition l’expérience de la migration qu’ont en commun ceux et celles qui tentent de gagner clandestinement l’Europe en provenance du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne peut trouver un champ d’écoute dans nos espaces publics à partir de sa spécificité même ?» La question était de savoir comment ces autres qui traversent les frontières et viennent vers nous peuvent recevoir chez nous, dans notre espace public, une écoute, «dans sa spécificité même». Ce qui est là posé en méconnaissance de cause, c’est la question de la réception. Dans les conditions posées dans cette question, il n’y a pas moyen du tout à mon avis, que l’on entende, que l’on comprenne ce que les migrants ou les migrantes ont à nous dire. Pourquoi ? Parce que cette question ne présuppose pas le partage dans le sens positif. «Partage» a deux significations : la séparation et la mise en commun. Ce n’est qu’ensemble dans la dialectique de deux significations opposées, que le partage peut être un mécanisme dynamique, et utile dans son aspect positif, à construire du commun. Je dis que dans ces conditions on ne peut pas les entendre, mais ce n’est pas qu’ils ne parlent pas, c’est qu’on ne les entend pas parce que l’espace public est le nôtre comme il est dit dans la question ; «dans notre espace public» on ne les entendra pas –9. A quelle condition les entendra-t-on ? A condition de partager notre espace public avec eux en égalité. A condition de nous transformer, nous. Parce qu’eux – et c’est là que la différence entre «eux» et «nous» va disparaître un jour – mais tant qu’elle n’a pas disparu, eux, en arrivant là, ils sont en transformation, ils sont en migration, en traduction et en translation, ils sont dans l’ouverture. Et nous qui pensons qu’ils peuvent s’exprimer dans notre espace public, ne les entendons pas parce que nous ne sommes pas en ouverture : nous sommes dans le sécuritaire, dans la problématisation des migrations et dans la paranoïa que nous avons de voir l’altérité faire partie de nous, une paranoïa qui ne nous permet pas de voir ce que nous devons aux autres. Je crois que l’on s’en rend très bien compte depuis qu’on assiste aux insurrections dans les pays arabes, qui sont une nouvelle construction d’un grand nouvel universel commun. Il s’agit de quelque chose qu’ils ne font pas que seulement pour eux-mêmes mais qu’ils font aussi pour nous. L’Europe est en stase et en phase de dépolitisation, mais heureusement au sud de la Méditerranée la situation est potentiellement meilleure en ce moment –10, de même que dans certains autres “suds” de la planète.

Je reviens à la figure du migrant. D’abord et en premier lieu, en arrivant, le migrant ou l’exilé n’est pas citoyen. C’est même le grand problème. Est-ce que c’est le problème du migrant ? C’est surtout celui de la citoyenneté et de sa conception. La citoyenneté est liée à la cité, elle est liée à la configuration étatique, elle exclut toujours quelqu’un, comme la démocratie qui, elle aussi, exclut toujours quelqu’un –11. La démocratie n’est possible que parce qu’il y a des frontières, parce qu’il y a des exclusions et parce qu’il y a aussi ceux qui vont en être exclus. La cité universelle n’est pas encore à l’ordre du jour, bien que c’est ce qu’on souhaiterait. Elle a été pensée dans les religions où elle était dans l’au-delà ; la construire sur terre demande un sacré travail, un travail politique. Le migrant, la migrante n’est pas citoyen ou citoyenne. Le citoyen et la citoyenne délimitent notre espace politique et public, celui dans lequel on ne peut pas entendre le migrant, puisqu’il, il ou elle, est hors cadre et on n’entend pas sa parole. Vous avez ce magnifique livre d’Edouard Glissant, un livre qui parle de ce qui n’est pas entendu, le “cri du monde” du sud de la planète –12, de ce qui n’est pas perçu dans la rationalisation extrême, parce que la citoyenneté avec la rationalisation républicaine c’est un peu cela : mettre de l’ordre dans les choses mais en laisser beaucoup hors champ. La démocratie de même que la citoyenneté, c’est ce qui est dans le champ, alors que ce qui reste hors champ (les migrants, les sans-papiers, les Rom etc., les étrangers) n’est pas notre affaire ! De même notre espace public, etc. Alors Marie-Claire Caloz-Tschopp a bien posé les jalons de cette affaire, puisqu’elle a parlé aussi de la souveraineté ; j’imagine qu’elle a parlé des souverainetés d’Etat et de comment elles s’épuisent et se déplacent, et puis comment elles deviennent multiples et plus importantes dans d’autres régions du monde.

La souveraineté d’un Etat européen n’a plus beaucoup d’importance ni de portée, alors que la souveraineté en Asie, celle de l’Inde et de la Chine, prend aujourd’hui de l’envergure et comprend y compris beaucoup de force de nuire, comme toute souveraineté. Mais avec la souveraineté va l’autre bout de l’échelle (la subjectivité), et en parlant en « européen », au bas de l’échelle, il y a les sujets politiques, individuels ou non. Les deux, souveraineté et subjectivité, se tiennent ensemble. Là où la souveraineté, telle que nous la connaissions jusqu’à la fin de la Guerre froide, est mise en cause, notre qualité de citoyen politique est également mise en cause avec notre subjectivité politique. C’est pour cela que nous nous dépolitisons de plus en plus en Europe ; nous sommes blasés, nous ne savons plus pour qui voter, et la représentation est une forme politique qui s’épuise. Alors nous devons chercher autre chose. La figure de la migration est une figure encore à étudier que nous ne connaissons pas bien, c’est une figure expérimentale. Il s’agit de la figure de celles et ceux qui vont nous apporter une nouvelle «constitutionnalisation» qui ne va pas forcement passer par les formes politique jusque-là connues de la constitutionnalisation mais qui passera par des formes nouvelles, mouvantes de l’institution qui ont à voir avec le déplacement, avec les migrations, selon des “logiciels”–13 que l’on ne reconnaît pas encore comme des mouvements sociaux, politiques bien qu’ils le soient à leur (nouvelle) manière. C’est ce qui a à voir avec tout ce qui est réseaux, mise en connectivité par rhizomes –14 sans que cela ait à voir avec une souveraineté venue par en haut et en ligne droite. La représentation politique perd de plus en plus de son efficacité. Parce que par la souveraineté et par la laïcisation du modèle divin dans les monothéismes occidentaux, qui comprennent aussi bien l’islam que le judaïsme bien sûr, nous avons construit la flèche de ce qui nous est envoyé par le haut et ce qui est reconfirmé et tamponné par le bas par le pouvoir mondain pour constituer l’être ensemble. L’être ensemble, le commun, va être reconstitué d’une autre manière à l’avenir, et on observe.

J’observe avec vous.

Je vous remercie.

Texte de l’intervention dans le cours-séminaire du Programme Exil, Création philosophique et politique. Philosophie et Citoyenneté contemporaine, du samedi 19 mars 2011 à la Maison des Associations à Genève.

NOTES

1– Iveković Rada, « Une guerre de fondation en Europe ? » in Asile – Violence – Exclusion en Europe, M.-C. Caloz-Tschopp, A. Clevenot, M-P. Tschopp (sous la dir. de), Groupe de Genève et Cahiers de la Section des Sciences de l’Education de l’Université de Genève, Genève 1994, p. 5-10.

2– Site du Collège international de philosophie, Paris: séminaire de R. Iveković 2007-08, “Qu’apprendre de l’échec, de la perte?”, http://www.ciph.org/fichiers_archives/2007-2008_semestre02.pdf; http://www.ciph.org/direction.php?etAussi=27, puis R. Iveković,
”La subjectivation par l’échec et par la dépossession de soi”.

3– Iveković Rada, « The Limits of European Humanism », Ουτις ! 1/2011, pp. 105-119 ; “Que veut dire traduire ? Les enjeux sociaux et culturels de la traduction ”, juin 2009, REVUE Asylon(s), N°7, 2009-2010, Que veut dire traduire ?, http://www.reseau-terra.eu/rubrique171.html ; « Des castes en Europe et des Roms au sein de l’humanité », Cultures & conflits n. 81-82, été 2011, pp 139-143) ; « Ricordi, perdita, vite sui confini. Riflessione a partire dallo scambio tra Manuela Fraire e Rossana Rossanda », dans Donne, politica, utopia, sous la dir. d’Alisa Del Re, Padova, Il poligrafo 2011, pp. 191-208 ; Les citoyens manquants (livre accessible en ligne), http://www.reseau-terra.eu/article1061.html

4– Crnjanski Miloš, Le Roman sur Londres (Roman o Londonu, 1971).

5– Convention internationale relative au statut des réfugiés des Nations Unies (modifiée en 1967 pour élargir son périmètre des réfugiés de l’après-Seconde Guerre mondiale et d’Europe de l’Est à ceux de la décolonisation) dite Convention de Genève. A vrai dire il y a plusieurs “Conventions de Genève” relevant du droit humanitaire).

6– Les chiffres des morts dans leurs tentatives de traversée en la seule Méditerranée sont ahurissants, sans compter tous ceux qui échappent au comptage ou essayent d’autres frontières ; ils sont quelques 18.000 morts depuis 1988 à l’été 2011. Sandro Mezzadra/Brett Neilson, “Borders as Method”, at the 2nd Flying University of Transnational Humanities, RICH, Hanyang University, Seoul, juin 25-29, 2011; Mezzadra, “Avventure mediterranee della libertà” (forthcoming 2011): “dal 1988. almeno 17.627 giovani sono morti tentando di attraversare i ‘confini esterni’ dell’Unione Europea”, selon http://fortresseurope.blogspot.com (accédé le 15 juillet 2011)

7– Iveković Rada, “Les citoyens manquants. Banlieues, migrations, citoyenneté et construction européenne”, Etudes no. 10, 2010. Site internet de TERRA.

8– Rushdie, Shame, Random House 2008 (1ère éd. 1983).

9– Chakravorty Spivak Gayatri, Les subalternes peuvent-elles parler?, tr. J. Vidal, Paris, Amsterdam 2009.

10– Cet optimisme est sans compter avec la guerre civile installée en Libye par l’occident, avec la brutalite du régime en Syrie, ou avec le pourrissement, après un premier élan bien révolutionnaire, dans plusieurs pays ou s’étaient annoncées des insurrections.

11– Mouffe Chantal, On the Political, Londres, Verso 2005; The Democratic Paradox, London, Verso 2009;

12– Glissant Edouard, Le Tout-Monde, Paris, Gallimard 1993. “Le cri du monde” est une conférence de Glissant et un terme qui apparaît régulièrement dans son travail.

13– Interventions de Brett Neilson et Ned Rossiter au colloque international “Construction des savoirs en mondialisaiton. Changements de paradigmes cognitifs”, Collège international de philosophie, Paris, les 7-8 novembre 2011, et leur seminaire commun “ON LIFE, LABOUR AND LOGISTICS” à la Western Sydney University, 2011.

14– Deleuze Gilles, Guattari Felix, Mille plateaux, Paris, Minuit 1972; voir en particulier “Introduction: Rhizome”.

Exil, Création Philosophique et Politique
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