VIVRE L’EXIL EN RÉSISTANT

Wilma JUNG 

Ce grand simulacre

Chaque fois qu’ils nous donnent des cours d’amnésie
comme si les brûlants yeux de l’âme
ou les lèvres de la peine solitaire
n’avaient jamais existé
chaque fois qu’ils nous donnent des cours d’amnésie
et ils nous intiment à effacer
l’étourdissement des souffrances
je me persuade de que ma région
n’est pas le théâtre des autres

(…) le jour ou la nuit où l’oubli éclate
saute en morceaux ou crépite /
les souvenirs atroces et merveilleux
vaincront les barrières de feu
emporteront enfin la vérité par le monde
et cette vérité sera qu’il n’y a pas d’oubli –1

Mario Benedetti

Notre mémoire collective et notre devoir de mémoire

Depuis très longtemps, la politique imposée par les États-Unis en Amérique Latine a provoqué des coups d’état à répétition, des invasions militaires des troupes étasuniennes, des massacres d’ouvriers, des larmes et du sang, des portés disparus et des morts, des prisonniers politiques et des exilés par milliers. Le dernier en date, sous l’administration Obama (de surcroit Prix Nobel de la Paix), étant le coup d’état infligé au Honduras en 2009. L’histoire des plus pauvres, des anonymes valeureux et résistants qui palpite dans la mémoire et le coeur du peuple latino-américain, a souvent été ignorée par l’histoire officielle. À ce propos, gardons à l’esprit les mots prononcés dans le film documentaire Le courage du peuple–2 de Jorge Sanjinés:

Mineur, nous sommes auprès de toi,
l’universitaire, l’ouvrier, le paysan, le manoeuvre,
le peuple uni pour dire avec toi:
plus de massacres, plus d’armes, ni d’avions,

ni de conseillers yankees dans l’armée et la police
qui ne servent qu’à verser ton sang.
Ton courage est le courage de ce brave peuple
qui n’a plus peur de la mort à force de mourir.

De la douleur du peuple,
du sang de la Nuit de la Saint-Jean, –3
de la mort du Che et du sacrifice
de ceux qui sont partis à Teoponte, –4
est née cette force qui nous habite,
cette volonté irrépressible de lutter,
cette conscience de libération qui ne s’effraie
ni s’extermine avec des massacres
et qui a initié par tous les chemins de Bolivie
une longue marche de bras armés.

Le sang du peuple versé
massacre après massacre,
mort après mort, n’a pas été en vain
il pénètre dans la terre et sème pour toujours
la liberté vers une véritable indépendance. –5

Nombre d’exilés latino-américains ont débarqué en Europe. Nous faisions partie de ces humains apatrides, perdus dans des pays dont nous ne connaissions pas la langue, ni les codes pour comprendre la société qui nous entourait…

L’exil forcé, l’éloignement de la terre natale, l’arrachage violent de la terre de nos idéaux communs était une sorte de tempête qui causait une douleur indescriptible… semblable à la violence des actes exercés par les services de sécurité de l’État lors des séquestrations, séances d’interrogatoire…, transferts dans différents centres de détention ou les terrifiantes maisons de sécurité. Comble de l’ironie ! Ces transferts se faisaient en ambulances! Quel sentiment d’impuissance, celui d’être entre les mains de sauvages qui avaient pouvoir de vie et de mort sur nous ! Parfois, le sentiment de décorporation, provocant une vision à distance du corps, rendait la réalité moins insupportable!

Cependant, nous n’étions pas seuls, nous nous sentions en communion avec les êtres qui se trouvaient dans les autres cellules et surtout, nous gardions l’esprit libre. Nous nous attelions à essayer de rester dignes sans laisser transparaître nos émotions profondes. Et surtout, à ne pas trahir et encore moins se trahir soi-même. Mario Benedetti -écrivain, poète et compagnon des luttes des peuples latino-américains- l’explique très bien : La personne sous la torture n’est pas seulement une victime sans défense, condamnée à l’inéluctable déroute ou à la délation. Il est aussi possible (…) de battre le pouvoir apparemment absolu, on peut utiliser le silence presque comme un bouclier et la négative presque comme une arme (…) Mais encore, pour soutenir cette attitude digne, entière, incorruptible, le prisonnier doit fabriquer ses propres défenses vraisemblables et se convaincre soi-même de sa force inébranlable. –6

Partir, être expulsé manu militari sans dire au revoir à la famille, aux amis… en manquant complètement le rituel de l’adieu… Le départ imposé et l’impossibilité du retour… Apprendre en plein vol, le nom du pays où nous étions envoyés, sans documents valables… Peut-être, étions-nous -une fois encore- destinés à disparaître? Arrivés à l’aéroport, un groupe de journalistes nous sauvent in extrémis… nous protègent, nous entourent pour éviter que la police nous renvoient… où?

Ce scénario correspond tout à fait au sinistre Plan Condor, une machination machiavélique destiné à faire disparaître des militants, des dirigeants syndicaux, des activistes sociaux, des défenseurs des droits humain, des théologiens de la libération ainsi qu’une longue liste de supposés ennemis de l’ordre établi. En Amérique Latine, la sacro-sainte alliance des intérêts étasuniens, celles des oligarchies nationales, et les bras exécutants des officiers des armées latino-américaines formés dans les écoles créés par le Ministère de la Défense des États-Unis, ont mis en route des mécanismes de répression destinés à contenir, à conditionner les peuples et à rompre le tissu collectif et solidaire des organisations populaires à travers la terreur.

Le chemin pour arriver à un pays d’accueil est long, très long… Dans ce périple, aucun être humain ne peut rester entier. Les ennuis administratifs s’ajoutent aux sentiments de perte des liens affectifs, des liens amicaux, de l’espace géographique, même des bruits habituels qui nous entouraient autrefois, des odeurs, des sourires spontanés des gens. La perte d’identité est presque totale car il est difficile de reconstruire la vie d’avant.. Et la douleur d’être parti, d’être en vie tout simplement peuvent provoquer des troubles traumatiques. À ce propos, Benedetti écrit :

Une autre notion de Patrie

(…) de partout arrivent des enveloppes de nostalgie
racontant comment recommencer à zéro
naviguer dans des langues qui sont à peine affluentes
se construire un chez-soi dans n’importe quel endroit
parfois d’heureuses fois avec le concours de mains solidaires
et d’autres d’amères fois recevant derrière la nuque le coup
du regard xénophobe

de partout arrivent des sérénités
de partout arrivent des désespoirs
sombres silences de voix cassées
un sur chaque millième se résigne à être un autre
et cependant nous sommes des privilégiés

(…) et la victoire grandira doucement
comme toujours les victoires ont grandi –7

Se reconstruire, s’affirmer et résister

Nous étions comme des plantes sans racines, flétries mais prêtes à renaître malgré tout et contre tout. Nous n’étions pas seuls, nous étions à peine un petit grain de sable, une partie minuscule de l’ensemble de l’Amérique Latine, la Grande Patrie latino-américaine, l’utopie révolutionnaire de Bolivar, Juana Azurduy de Padilla, José Martí, Rubén Darío, Sandino, José Carlos Mariátegui, Ernesto Guevara et tant d’autres… Convictions morales, politiques et collectives pour nous permettre d’aller de l’avant. Mario Benedetti nous le rappelle: Les convictions ne s’organisent pas; elles illuminent tout simplement, elles ouvrent les sentiers. –8

Les peuples de l’Amérique Latine ont une histoire commune construite dans la douleur, ils sont de plus en plus conscients de l’importance de marcher ensemble en étant protagonistes de leur présent et leur futur. (…)les peuples latino-américains comprennent peu à peu que les véritables frontières ne sont pas celles qui séparent le Chili du Pérou, l’Uruguay de l’Argentine, le Paraguay de la Bolivie, le Venezuela du Brésil, le Honduras du Salvador. Les véritables frontières sont celles qui s’interposent entre le peuple et l’oligarchie, entre la patrie et l’impérialisme.–9

Se refaire, refaire sa vie pour surmonter les traumatismes. Il nous faut trouver aussi le moyen d’intégrer les douleurs, les peurs à nos vies pour parvenir à les transcender. Vivre malgré tout et malgré eux…

Ville où je n’existe pas

(…) la consigne est de vivre malgré eux
en marge d’eux ou au milieux d’eux
vivre ensemble revivre survivre vivre
avec la patience que n’ont pas les lâches
mais que les peuples ont toujours eu

la consigne est de déranger leur projet
de continuer à être nous et de plus faire partie
de cette belle tribu qu’est l’humanité
quelle prouesse si nous ruinons notre ruine et en passant
nous libérions notre libération

(…) pour cela j’ai décidé de t’aider à exister
même si je t’appelle ville où je n’existe pas
ainsi simplement puisque tu existes en moi
j’ai décidé que tu m’attendes vivante
et moi je suis résolu à vivre pour t’habiter –10

La participation active dans la vie associative, politique, artistique nous a permis -peu à peu- de reconstruire notre identité. La poésie, la musique, le cinéma, le théâtre, la danse, la lecture peuvent être d’un grand soutien moral et la sensibilité qui découle des grandes souffrances dévient un atout pour mieux comprendre la douleur des autres… Assouvir le besoin indispensable de suivre les événements qui se succèdent dans le petit pays ou dans notre Grande Patrie nous permet d’agrandir notre univers, d’approfondir nos connaissances, d’affirmer nos idéaux, d’avoir plus de raisons d’espérer, même si de temps en temps les nouvelles ne sont pas tellement réjouissantes. Il est vital de continuer à croire à la violence de l’amour, comme l’exprime si bien l’évêque du Brésil Mgr. Casaldáliga:

Che Guevara

Ta mort, dans la lumière sèche
de Vallegrande, en Bolivie,
m’a amené à réfléchir.
Moi, Che, je continue à croire
à la violence de l’Amour.
Toi-même tu disais : il faut s’endurcir
mais sans jamais perdre la tendresse
Mourir c’est toujours vaincre
depuis qu’un jour.
Quelqu’un est mort pour tous, comme tous,
tué comme beaucoup… –11

Parfois, la vie de tous les jours peut être dure à supporter car tout n’est pas rose dans la société d’accueil, les mesquineries et les méchancetés gratuites peuvent à nouveau déstabiliser le fragile équilibre en construction… Néanmoins, il est toujours possible de rencontrer des êtres humains bienveillants, servant de repères solides qui facilitent la résilience. Et des oxymores peuvent se faire réalité :

Joie de la tristesse

(…) la tristesse survient quelquefois
devant la faim millionnaire du monde
ou en face du fossé dans l’âme des sans-coeur
la douleur pour la douleur d’autrui
est une certitude d’être vivant
après tout / malgré tout
il y a une joie étonnante / débloquée
à l’idée de pouvoir encore être tristes –12

Les mécanismes de la répression cherchent à démobiliser les groupes organisés, à rompre le tissu communautaire et solidaire et à inoculer un individualisme forcené pour annuler toute volonté d’engagement. Dans le processus de résistance à ce projet il est primordial de casser cet engrenage en récupérant l’identité vitale, en additionnant les gestes solidaires face au différents groupes humains qu’on a la chance de rencontrer. Nous sommes partie de cette humanité, nous sommes responsables de cette seule terre… ce monde est notre patrie. La patrie est l’humanité!

La patrie est l’humanité

(…) ma mémoire sont tes yeux
et tes yeux sont ma paix
ma paix est celle des autres
et je ne sais pas si ils la voudront
ces autres et nous autres
et les autres si nombreux
tous nous sommes une patrie
la patrie est l’humanité –13

Le desexil

Le retour au monde d’hier est bouleversant… rien n’est pareil, car le temps ne s’arrête pas. Tout a changé, nos êtres chers, nos villes, nos rues… et nous mêmes. La nostalgie peut nous rendre mélancoliques, nonobstant notre présent et notre nouveau monde sont enrichis des nouvelles expériences, des nouvelles rencontres et des nouvelles promesses. Benedetti lui-même a expérimenté tous ces sentiments:

La nostalgie peut être un trait déterminant de l’exil, mais on ne peut pas exclure que la contre-nostalgie le soit du desexil. De la même façon que la patrie n’est ni un drapeau ni un hymne, mais la somme approximative de nos enfances, nos ciels, nos amis, nos maitres, nos amours, nos rues, nos cuisines, nos chansons, nos livres, notre langage et notre soleil; de ce fait le pays (et surtout le peuple) qui nous accueille nous transmet des ferveurs, des haines, des habitudes, des mots, des gestes, des paysages, des traditions, des rébellions, et il arrive un moment (plus encore si l’exil se prolonge) dans lequel nous devenons une sorte de carrefour de cultures, de présences, de rêves. Conjointement à une concrète espérance du retour, à la sensation claire que la vieille nostalgie se fait notion de patrie, alors il se peut que nous ressentions un sentiment de contre-nostalgie, c’est-à-dire la nostalgie de ce qu’aujourd’hui nous avons et nous allons laisser : la curieuse nostalgie de l’exil en pleine patrie. –14

Mais je viens

Plus d’une fois je me sens expulsé
et avec l’envie
de revenir à l’exil qui m’expulse
et alors il me semble
que je n’appartiens plus
à aucun endroit
à personne

serait-ce un indice de ne plus jamais
pouvoir être un non-exilé ?
qu’ici ou là-bas ou n’importe où
il y aura toujours quelqu’un
qui veille et qui pense
celui-ci pourquoi vient-il ?

et je viens néanmoins
peut-être pour partager fatigue et vertige
abandon et estime
aussi pour recevoir ma part de rancoeurs
ma raisonnable part d’amour

à dire vrai pourquoi je viens
je ne le sais pas avec certitude
mais je viens –15

Mario Benedetti, l’écrivain, le poète résistant

Le poète Benedetti fait partie d’un mouvement latino-américain de poésie conversationnelle, qui a commencé à se développer avec force pendant les années 50. Cette forme d’écriture désacralise la figure du poète, elle est avant tout claire, transparente et directe, elle interprète la réalité sociale et politique, elle transmet la vie quotidienne, elle peut être grave ou ironique et elle cherche la communication avec les lecteurs. Les plus représentatifs sont : les nicaraguayens Gioconda Belli et Ernesto Cardenal, l’argentin Juan Gelman, le salvadorien Roque Dalton, les cubains Nancy Morejón et Roberto Fernández Retamar, l’équatorien Jorque Enrique Adoum, les mexicains Jaime Sabines et José Emilio Pacheco, les péruviens Antonio Cisneros et rodolfo Hinostroza…

La poésie de Benedetti est une sorte de chant de l’âme, elle porte des convictions intimes, profondes et transparentes, elle est une voix de libération remplie d’espérance. Ce poète du peuple a maintenu une attitude cohérente et authentique toute sa vie. Il était un humain, militant de la vie, essentiellement bon et généreux. Parmi ses poèmes, plusieurs sont devenus des chansons et ils sont chantés par une brochette extraordinaire d’interprètes latino-américains et espagnols, tels que: Nacha Guevara, Amparo Ochoa, Daniel Viglietti, Los Olimareños, Alfredo Zitarrosa, Silvio Rodríguez, Tania Libertad, Numa Moraes, Joan Manuel Serrat, Susana Baca, Jenny Cárdenas…

Pourquoi nous chantons

Si chaque heure arrive avec sa mort
si le temps est une caverne de voleurs
les airs ne sont plus les bon airs / buenos aires
la vie n’est rien d’autre qu’une cible mobile

vous demanderez pourquoi nous chantons

nous chantons car le cri ne suffit pas
et ne suffit ni le sanglot ni la rage
nous chantons car nous comptons sur les gens
et parce que nous vaincrons la défaite –16

Les écrits de Mario Benedetti englobent aussi des romans, des nouvelles, des essais, des pièces de théâtre, des articles de presse où les thèmes et les interrogations essentiels sur la vie, sur la société, le devenir de la gauche son permanents. Sa poésie est la lumière de l’espérance qui pousse vers l’horizon sans fin, en posant inlassablement les bonnes questions: (…) la poésie mord car elle est libre, remplie de transgression, de questionnements, de subjectivité, de fantaisie; parfois elle est hermétique et d’autres fois communicative. En conséquence, une bonne partie du public qui lit préfère la prose qui contient souvent de réponses, obéit à des plans et structures, d’ordinaire est objective, sait organiser ses fantômes et en général ne mord pas, particulièrement quand on lui met la muselière.–17

Cette énorme figure de la gauche et de la littérature en Amérique Latine a fortement touché les coeurs des jeunes et de ceux qui restent toujours jeunes… Lors de sa mort, le 17 mai 2009, des multitudes de jeunes lui on rendu hommage et chaque année, ils inventent des moyens de le commémorer, par exemple cette fille déclamant tout haut ses poèmes dans un métro à Mexico.–18

Que reste-t-il aux jeunes?

Que reste-t-il à essayer aux jeunes
dans ce monde de patience et de dégoût
seulement des graffitis? du rock? du scepticisme?
il leur reste aussi à ne pas dire amen
ni à consentir qu’on leur tue l’amour
mais à récupérer la parole et l’utopie
à être jeunes sans hâte et avec mémoire
à se placer dans une histoire qui est la leur
à ne pas devenir des vieillards prématurés –19

  Annexe: Bibliographie des oeuvres de Mario Benedetti

BIBLIOGRAPHIE

ALLEMANY Carmen, MATAIX Remedios, ROVIRA José Carlos, Mario Benedetti : Inventario cómplice, Alicante, Universidad de Alicante, 1998.

ASSMANN Hugo, Teoponte una experiencia guerrillera, Oruro-Bolivia, CEDI, 1998.

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BENEDETTI Mario, El desexilio y otras conjeturas. Madrid, Ediciones El País, 1985.

BENEDETTI Mario, Primavera con una esquina rota. Madrid, Ediciones Alfaguara, 1986.

BENEDETTI Mario, Subdesarrollo y letras de osadía, Madrid, Alianza Editorial, 1987.

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BENEDETTI Mario, Despistes y franquezas, Madrid, Alfaguara, 1990.

BENEDETTI Mario, El ejercicio del criterio, Madrid, Alfaguara, 1995.

BENEDETTI Mario, El olvido está lleno de memoria. Madrid, Visor de Poesía, 1995.

BENEDETTI Mario, La vida ese paréntesis. Madrid, Visor Libros, 1998.

BENEDETTI Mario, Antología poética. Madrid, Alianza Editorial, 1999.

BENEDETTI Mario, Del amor y del exilio. Madrid, Ediciones Irreverentes, 2002.

BERISTAIN Carlos Martín, RIERA Francesc, Afirmación y Resistencia, Barcelona, Virus Editorial,1992.

CAMARGO Artemio, Journal de la résistance, Genève, Éditions CETIM, 1982.

CASALDÁLIGA Pedro, Me llamarán subversivo, Salamanca, Lóguez Ediciones, 1988.

GÓMEZ Albino, Exilios (Por qué volvieron), Rosario-Argentina, Homo Sapiens Ediciones, 1999.

GRINBERG León, GRINBERG Rebeca, Migración y exilio, Madrid, Biblioteca Nueva, 1996.

MATEOS-VEGA Mónica, La poesía de Mario Benedetti irrumpió en un vagón del Metro, La Jornada/México, 18.05.2010.

PAOLETTI Mario, El Aguafiestas Benedetti, la biografía, Madrid, Alfaguara, 1995.

SANJINÉS Jorge, El coraje del pueblo, Bolivia, 1971.

NOTES

1– BENEDETTI Mario, El olvido está lleno de memoria, Madrid, 1995, p. 13-14. Tous les poèmes cités dans ce travail sont une traduction inédite de Wilma Jung.

2– SANJINÉS Jorge, El coraje del pueblo, Bolivia, 1971, fiche technique ; film (partie 7) 

3– Massacre de mineurs dans la ville minière de Siglo XX (Bolivie) le 24 juin 1967.

4– Région tropicale situé à 200 Km au nord de La Paz. Le 19 juillet 1970 un groupe de 67 jeunes de l’ELN (Armée de Libération Nationale) initie une insurrection armée qui dure 100 jours au terme desquels restent 9 survivants!

5– SANJINÉS Jorge, El coraje del pueblo, 1971.

6– BENEDETTI Mario, Pedro y el capitán, Madrid, 1989, p. 11.

7– BENEDETTI Mario, La casa y el ladrillo, México, 1981, p. 27-37.

8– BENEDETTI Mario, Del amor y del exilio, Madrid, 2002, p. 38.

9– BENEDETTI Mario, Subdesarrollo et letras de osadía, Madrid, 1987, p. 133.

10– BENEDETTI Mario, La casa y el ladrillo, México, 1981, p. 77.

11– CASALDÁLIGA Pedro, Me llamarán subversivo, Madrid, 1988, p. 24-25.

12– BENEDETTI Mario, La vida ese paréntesis, Madrid, 1998, p. 140.

13– BENEDETTI Mario, Geografías, Madrid, 1984, p. 42.

14– BENEDETTI Mario, El desexilio y otras conjeturas, Madrid, 1984, p. 41.

15– BENEDETTI Mario, Las soledades de Babel, Madrid, 1994, p. 30.

16– BENEDETTI Mario, Antología poética, Madrid, 1999, p. 210-211. Il est possible d’écouter cette chanson interprétée par Nacha Guevara ici.

17– BENEDETTI Mario, El ejercicio del criterio, Madrid, 1995, p. 143.

18– MATEOS-VEGA Mónica, La poesía de Mario Benedetti irrumpió en un vagón del MetroLa Jornada/Mx, 18.05.2010 

19– BENEDETTI Mario, La vida ese paréntesis, Madrid, 1998, p. 132.

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