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Ich bin der und der. – Friedrich Nieztsche

I. ESCRIBIR LA PARÁBOLA

Ser ella, y él, sus máscaras, yo, el mismo
rostro y la sombra que le niega,
la superficie impávida de un nombre
donde nombrar la muerte con el simulacro
que un cuerpo, el mío, asume sin cesar.
Oigo su voz, abril es diferente
junto a este mar que es suyo aunque no es suyo,
que murmura en su oído y me es ajeno,
bajo la luz de un cielo que le cubre por primera vez.
Ignoro cuándo, para quién y cómo
estas palabras son las que desdoblan
el hueco informe en que me instauro, fluye
mi voz y avanzo, me dibuja, un río
que le inscribe y me borra. Sólo tú
sabrás quién habla, dónde está, qué somos.

II. PARÁBOLA DEL ESCRIBIDOR

Es como el rey de la polilla.
Sentado en esta biblioteca
oye un murmullo de raíces,
un olvido que aún duele,
hecho de sobresaltos,
de estupor, de vigilias.
Le resulta difícil distinguir
las mentiras falsas de las verdaderas.
Dijeron que los ojos son un cofre
en donde almacenar sueños de tierra, de estaciones, de
estrellas apagadas como un sol errabundo
cuya luz ya no es luz sino fosforescencias
congelando su origen alrededor de ti.
Recoge datos. Una historia. Son
recapitulaciones. Quiere comprender.
En esta claridad despedazada
un cuerpo anónimo interroga, busca
algo que sea lo contrario de la nada de mí.

(de Menos que una imagen, 1990)

 

I. ÉCRIRE LA PARABOLE

Être elle, et lui, leurs masques, moi , le même
visage et l’ombre qui le nie,
d’un nom l’impassible surface
où nommer la mort par le simulacre
qu’un corps, le mien, en cesse d’assumer.
J’entends sa voix, avril est différent
auprès d’une mer sienne, non la sienne,
qui lui murmure à l’ouïe et m’est lointaine
sous la lumière d’un ciel qui la couvre
pour la première fois.
Je en sais quand, ni pour qui et comment
ces mots sont ceux qui dédoublent l’informe
creux où je m’établis, où ma voix coule
et j’avance, et un fleuve me dessine
qui l’inscrit et m’efface. Et toi seule
sauras d’où le parleur, ce que nous sommes.

 

II. PARABOLE DU SCRIBE

Installé dans cette bibliothèque
comme le roi des vers rongeurs,
il entend un murmure de racines,
un oubli douloureux encore,
fait de sursauts,
et de stupeur et d’insomnies.
Il a du mal à distinguer des vrais
les faux mensonges.
On a dit que les yeux sont un coffre
où stocker des rêves de terre, de saisons,
d’étoiles éteintes comme un soleil errant
dont la clarté n’est plus clarté mais phosphores
gelant autour de toi leur origine.
Il réunit des données. Une histoire, des
récapitulations. Il veut comprendre.
Dans cette lumière en miettes
un corps anonyme interroge, cherche
quelque chose qui soit le contraire du néant
que je suis.

 

Traduit de l’espagnol par Didier Coste (du volume Moins qu’une image, publié avec 8 photos de Jean-Paul Billerot en édition bilingüe. Paris: Editions Noésis, 1992).

 


(RE)PENSER L’EXIL N°6/7 > AVATARES DE LA IDENTIDAD, Jenaro TALENS

Exil, Création Philosophique et Politique
Repenser l'Exil dans la Citoyenneté Contemporaine

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