ANNONCE DU COURS/SÉMINAIRE 2011
REPENSER L’EXIL

 

PUBLIC

Le cours est ouvert à tout le monde, à tout public. Il s’adresse à l’ensemble de la population, aux personnes en emploi, chômeuses, chômeurs, migrant.e.s, jeunes, personnes à la retraite, personnes touchées par les restrictions des droits sociaux (AI, assis-tance, santé, etc.), professionnel.le.s du service public (enseignement, social, santé, services techniques, recherche, etc.), personnes du privé, membres des syndicats, d’associations professionnelles, d’ONG.

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de la philosophie, d’avoir des connaissances préalables, ni même de maîtriser le français pour s’inscrire.

 

CONTENU

L’exil a une longue histoire liée au pouvoir, à la violence, aux guerres. Exil religieux, politique, économique, culturel, écologique même. Multiplicité des mots pour le décrire: désappropriation, ostracisme, expulsion, bannissement, proscription, déplacement forcé, déportation, relégation, renvoi, expulsion, disparition, acosmie (Arendt), etc. Perte de la terre, de la maison, de la patrie, du pays, d’un Etat, d’ami.e.s, de la famille, du travail (migration), des mots (poésie), de la langue, de la pensée (pensée dispersée avec les intellectuell.e.s exilé.e.s), de la culture, de la religion, de la politique, de soi-même (intimité, gestes, corps, langue), etc.

L’exil le plus souvent associé à la mort civique. Il est utilisé par les Etats pour isoler, réduire à la passivité, couper de leurs liens vitaux individus, populations, diasporas. L’exil peut être aussi associé à la mort sociale, au chômage, à l’assistance, à la désaffiliation (Castells). Avec l’hégémonie européenne de la colonisation, il a été lié à l’esclavage. Dans la modernité capitaliste, au XXe siècle, il est lié aux paysans dépouillés de leur terre, aux prolétaires, migrant.e.s, déplacé.e.s forcé.e.s, à la précarisation, à l’insécurité.

 

QUESTIONS DE DÉPART
  • Est-il possible d’imaginer, de (re)penser la tradition, les expériences d’exil d’hier et d’aujourd’hui?
  • Quel statut, rôle, place a l’exil dans les violences contemporaines, la (re)construction de la politique après un siècle de massacres de masse (guerre totale, bombardements, génocides, tortures) précédé d’une longue genèse historique de domination et de violence (colonialisme, impérialisme, invention totalitaire au XXe siècle)?
  • Quelles représentations de l’exil ont les sciences sociales, la philosophie et aussi notre sens commun de tous les jours? L’exil est un outil de pouvoir et aussi de résistance au pouvoir. Quelles pratiques d’exil pouvons-nous inventorier aujourd’hui?
  • Quel message est envoyé aux populations – et non seulement aux exilé.e.s – par le bannissement économique, social, politique, culturel dans le monde contemporain ? En quel sens, serions-nous toutes et tous des exilé.e.s dans le monde contemporain?
  • Comment analyser les tensions entre une philosophie d’hommes jetables (Ogilvie), d’humains superflus (Arendt), de désaffiliation (Castells) et une philosophie du mouvement, de la relation, de l’émancipation?
  • En quel sens l’exil en appelle à une philosophie du mouvement (justice, liberté, égalité) ? En quel sens envisager l’exil dans la perspective de la citoyenneté contemporaine ? Quelles propositions concrètes?
  • Quels points communs entre les dispositifs, outils (Foucault), de violence de la guerre sociale (ex. modèle des cercles, échelle de classement des chômeurs, durcissement des rentes AI, restrictions de l’aide sociale, mesures d’urgence, mesures à deux vitesses, double peine, etc.) et les drones de la guerre propre (qu’il faudrait combattre comme les mines antipersonnelles)?

 

SENS, ORGANISATION DU SÉMINAIRE

Le cours-séminaire de 2011 est la première étape d’un cycle du programme du CIPh (entre 2010 et 2016). Il s’inscrit dans l’ensemble de la formation continue d’adultes. Il se veut un lieu de réflexion collective critique et partagée sur la globalisation à partir de l’exil. Il vise un travail critique sur les expériences, les représentations de l’exil dans les sciences sociales, la philosophie, la pratique de terrain, de vie.

Il vise aussi la mise en place de l’abord philosophique de l’exil à partir de Spinoza, Arendt, Weil, Hugo (Victor), Castoriadis, Ivekovic, Foucault, Marx, Bakounine, etc. (avec André Tosel, Rada Ivekovic et d’autres invité.e.s, des exilé.e.s), du cadre historique (XXe siècle en priorité), des causes d’exil, de l’analyse des liens entre vie quotidienne, violences, guerres contemporaines et exil.

Matériaux: récits, textes de la tradition philosophique, d’histoire, des sciences sociales et politiques, de littérature, films, mythes, dispositifs, outils des politiques publiques (migration, droit d’asile, travail, chômage, droits sociaux, service public, etc.).

Marie-Claire Caloz-Tschopp, décembre 2010

Exil, Création Philosophique et Politique
Repenser l'Exil dans la Citoyenneté Contemporaine

Programme du Collège International de Philosophie (CIPh), Paris
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